Présentation
Depuis plus de 28 ans, l'Ecole d'Avignon agit au cœur de la filière réhabilitation. Elle est passée d'un centre de formation à un centre de ressources. Elle articule désormais une série de prestations visant toutes à apporter un service d'accompagnement aux trois grandes catégories d'acteurs : la maîtrise d'ouvrage, privée comme publique, la maîtrise d'œuvre, le secteur de l'exécution.
Les grandes étapes de sa réflexion ont été :
La réhabilitation est un marché mais pas encore une discipline. Pourtant entretien et amélioration sont bien des actes d'architecture qui mobilisent au-delà de la simple technicité, ils s'inscrivent dans l'œuvre, sa globalité, en cohérence avec le tout. En cela, le sujet est national. En même temps, matériaux, techniques, savoir-faire sont des réalités qu'il faut apprécier localement, dans leurs variantes : en cela le sujet est territorial.
La formation des actifs est à concevoir comme un service rapproché. Il doit pouvoir s'ancrer sur le territoire même de l'exercice professionnel des acteurs. L'outil de formation de perfectionnement doit être mobile, à géométrie variable, doit pouvoir reconstituer une culture technique partagée entre services des collectivités territoriales, opérateur, architecte et artisan.
A plus de 90 %, le parc bâti ancien est le fruit d'une architecture des hommes de métier. Son patrimoine est dans l'éventail des solutions d'adaptation - formelles, techniques, utilisant les seuls matériaux locaux et bon marché - que les constructeurs ont mis au point pour produire une architecture sans architectes; il est le chemin parcouru entre le modèle savant, académique, et l'expression en multiples variantes locales d'une construction truffée de valeur ajoutée : comment produire un habitat digne, c'est-à-dire empreint d'une culture architecturale digérée, avec de petits budgets et sans les matériaux nobles. Ce parc témoigne de la création d'un langage propre, monde riche de la variété des factures des maçons, qui est l'armature de nos centres anciens des villes et villages. Intervenir sur ce fond, c'est caractériser un patrimoine « sans papiers ».

