Chapelle Saint Michel à Crillon le Brave, 2009
Descriptif :
Edifice du XIIème siècle, la Chapelle Saint Michel n'est plus utilisée depuis de nombreuses années et présente un état de délabrement avancé, pour lequel, des mesures de stabilisation et de confortation s'avèrent indispensables. L'état de l'édifice relevant plus de la ruine que du monument. Lamairie de Crillon noas a ainsi confié une mission de diganostic structurel.
L'intervention de l'ecole a consisté à dresser un état de stabilité de la structure restante et à proposer une méthodologie d'intervention permettant de ménager à la fois l'état de l'édifice et la sécurité des ouvriers durant les travaux.
Extrait du rapport :
"II. DESCRIPTION DE L'OUVRAGE
Il s'agit d'une chapelle du XIIème siècle, une réalisation de grande qualité, en maçonnerie de pierres de taille.
Il ne subsiste, aujourd'hui, après effondrements successifs, qu'une partie des façades.
Seul, le mur Nord est conservé intégralement. Le mur Ouest présente de nombreux désordres (fissures et désolidarisation des pierres). Il reste un tiers du mur Sud dont la stabilité est fortement menacée (descente de charges assurée sur une surface extrêmement réduite : 25 cm²).
Les effondrements ont comblé, en partie, l'intérieur et la partie extérieure Est de la chapelle ; ils rendent, actuellement, partielle la lecture des restes de cet édifice.
La voûte en pierres qui soutenait une toiture en tuiles cuites, s'est effondrée sur les deux tiers de sa surface ; il en reste une partie en très mauvais état.
L'observation visuelle attentive de cette chapelle montre que cet édifice a déjà subi plusieurs phases de construction/démolition ou effondrements et pose plus largement la question de la stabilité des sols par rapport à un tassement, mouvement isolé récent (explication plausible des derniers mouvements structuraux).
Des études archéologique, historique et géologique seront nécessaires à la compréhension de la construction de la chapelle et de son état actuel.
III-A. CONSERVATION EN L’ETAT
Cette opération s’attache à restituer la stabilité structurelle de la voûte et de ses murs pieds droits, ainsi qu’à sécuriser l’édifice.
La chronologie des étapes décrites devra être rigoureusement respectée.
a. Travaux préparatoires
- 2 tours d’échafaudage contreventées devront être réalisées de part et d’autre de la partie de la voûte restante, dans l’axe du bâtiment. Un platelage reliant ces deux tours sera installé au niveau de la corniche : départ de courbure de la voûte.
Attention à la stabilité des appuis au sol.
- Un filet (type « retenue de rochers ») sera tendu au dessus du platelage, sans toucher les ouvrages) afin de permettre un travail à travers les mailles du filet. Les intervenants travailleront entre platelage et filet. Ce filet n’a pas de contact avec la structure existante ; il permet de sécuriser les chutes de pierres et restera en place tout au long des interventions sur les arcs et la voûte.
En raison de l’état d’équilibre extrêmement précaire de l’édifice, son écroulement doit être envisagé à tout moment.
D’autre part, si l’étude géotechnique révèle une défaillance des sols, leur consolidation risque également de porter atteinte à cet équilibre fragile.
On pourrait étudier alors, un coffrage général maintien de l’édifice, avant consolidation des sols.
b. Consolidation de l’arc Sud
- Installation d’un coffrage – cintre de l’arc, par éléments successifs : cales en bois et plâtre en bourrage des joints et soutien de la structure existante. Ces éléments seront maintenus par des étais ; ils constitueront petit à petit un coffrage complet de l’arc et lui permettront de remplir sa fonction initiale par le comblement des espaces vides.
- Calage du sommier gauche de l’arc en partie intrados et ensuite, calage du sommier en partie extrados.
- Démontage du jambage de l’arc, avec numérotation des pierres.
- Repositionnement du sommier.
- Reconstitution du jambage de l’arc.
- Reprise des deux claveaux de l’arc qui sont descendus : les repousser au sein de l’arc ; rejointoiement et coulinage intégral de l’arc.
Cet arc présente une forte déformation ; la correction de cette déformation n’est pas envisagée lors de cette intervention.
(...) "

